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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 09:35

Dénivelés et données techniques des étapes du camino frances

 

            Pour qui veut faire un parcours en VTT ou en vélo de route, il est souvent plus intéressant de connaître à l’avance le dénivelé cumulé positif du parcours que la distance à parcourir.

            Le dénivelé cumulé négatif est moins intéressant à connaître car ce sont les freins du vélo et non les mollets du bonhomme qui vont travailler pour ralentir le vélo et sa charge.

            On entend par « dénivelé cumulé » la somme de tous les dénivelés rencontrés au cours du parcours. Ce dénivelé n’a souvent aucun rapport entre l’altitude de départ et celle d’arrivée. Ces deux altitudes peuvent être semblables et le dénivelé cumulé important par suite de nombreuses montées et descentes rencontrées en cours de route et qu’en jargon cycliste on appele « raidars », « coups de cul » ou « casse-pattes ».

            Dans mon camino, j’ai emporté une montre-altimètre de poignet de marque Sunto qui a parfaitement fonctionné et qui m’a donné à l’issue de chaque étape le dénivelé cumulé positif  (ASCendant), le dénivelé cumulé négatif (DESCendant), le temps de parcours, et le nombre de montées et de descentes ayant un dénivelé supérieur à 100 mètres (LAP) (le dénivelé s’exprime en mètres)

            Vous trouverez au début du récit de chacune de mes étapes un tableau indiquant ces données, ainsi que ma moyenne, le temps passé sur la selle et la distance.

            Sachez en outre que j’ai parcouru entre Bayonne et Santiago 937 km, que le dénivelé cumulé total fut de 11209 m, que mes roues ont fait 468 000 tours et que la longueur moyenne de mes étapes fut de 58 km.

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 16:48

 compostelle-camino-frances-Est-copie-2.jpg

 

 

compostelle-camino-frances-ouest-jpg-.jpg

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 11:14

Bonjour

      Ayant fait seul en mai 2010 le GR 65 à VTT de Thonon , Genève, le Puy, Conques, St Palais puis Bayonne, je peux te donner quelques conseils généraux quitte à entrer dans les détails ultérieurement. Je suis moyennement sportif (63ans) et ai toujours pratiqué et aimé vélo de route et VTT.

      Question équipement le site « A VTT sur les chemins de Compostelle » est excellent. Si tu ne pratiques pas régulièrement le VTT, tu devras t'entrainer 1 mois avant ton départ 1 à 2 heures par jour sur un circuit d’au moins 150 m de dénivelé d'abord à vide puis sacoches chargées à 8-10 kg.

VTT-pret-au-depart.jpg

      Question vélo je n'ai eu aucun problème avec un VTT moyenne gamme de 14 kg alu avec freins V- brake suspension avant seulement (à cause des sacoches) J'ai acheté une paire de sacoches VAUDE étanches et solides (100€ la paire) une sacoche de guidon indispensable pour porte carte, appareil photo, K- way et portefeuille, chargée à 1 kg (pour mon camino frances, j'ai pris un modèle + grand et étanche avec même embase). et une sacoche triangle de cadre pour une borne partie du nécessaire réparation.

        Si ta selle te convient (la selle est au cycliste ce que les souliers sont au marcheur) garde-la sinon change-la sachant qu'il me paraît difficile de trouver une bonne selle neuve à moins de 40€. Les selles c'est comme les chaussures : telle selle conviendra parfaitement à Paul et pas du tout à Jean et vice versa pour une autre selle. C'est pourquoi ça ne servirait à rien que je te dise quelle est la mienne. Je pense quand-même que les selles larges avec ressorts ne sont confortables que sur le plat et pour de courts trajets et sont donc à éviter. Il est normal que pour tes premières sorties ta selle te fasse mal, la partie noble (certains fâcheux disent honteuse) de ton individu devra s'y habituer ce qui peut prendre une quinzaine (emporter pommade pour nourrissons en cas de pb) ....

         Je suis parti avec un vélo qui avait pas mal roulé mais dont j'avais changé chaîne, pignons et plateaux qui avaient une usure moyenne. Comme plateaux: 22, 32 et 48 dents. Comme pignons: le plus grand avait 34 dents ce qui me paraît nécessaire pour affronter certains raidars qui parfois te font implorer la Madone mais qui heureusement durent  rarement plus de 15 minutes.

         Pour les pneus, des « mixtes » en très bon état devant et aussi derrière mais plus large les deux gonflés entre 3 et 4 kg selon ton poids. Si tu choisis des pneus de route évite le chemin si tu ne veux pas avoir l'impression très désagréable de conduire une savonnette sur les tronçons gras.

          Question carte les nouvelles topo 100 de l'IGN sont excellentes car tu y trouves les GR et les routes.

          Je te conseille le « miam-miam dodo » que tu dois connaître

          Un boussole-sonnette sur ton guidon te sera très utile.

          J'ai roulé assez pépère avec des étapes moyennes de 55 km jour à moduler selon les dénivelés. C'est clair que tu  feras plus facilement 80 km avec 500 m de dénivelé que 50 km avec 1000m.

           Chemin ou route? Ca dépend :

         -Du dénivelé : Du 10 pour 100 sur goudron bien lisse c'est faisable à la pédale mais pas sur du caillou ou tu devras pousser.

         -De la météo qui rend certains chemins impraticable avec la pluie.

          -De ta forme du jour....

         Pour ma part j'ai fait à peu près la moitié sur goudron et l'autre moitié sur le chemin car j'ai eu de la pluie et parfois la flemme d'escalader certains reliefs.

Je te joins mes étapes et ma liste de matos (mes 4 sacoches chargées faisaient à peu près 13 kg)       Je dormais en accueil jacquaire ou en gîte, formule qui me revenait en moyenne à 40 € par jour car il faut en plus compter tes achats pour le midi.

          Pour l’Espagne, c’est moitié moins cher sauf en se rapprochant à moins de 100 km de Santiago ou les prix augmentent sensiblement.

 

           Pour plus d'infos mon adresse mail :  frume.c@gmail.com     

       Bien cordialement

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 08:25

SANTIAGO  24, 25,26 mai 2011

RETOUR EN AUTOCAR  Santiago – Genève  26-27 mai

 

         Je ne raconterai de ces trois jours que ce qui m’a « marqué » en essayant de ne pas trop vous ennuyer. Désolé si ce but n’est pas atteint.

 

Réserver pour le retour en autocar :

             Le lendemain de mon arrivée mon premier souci fut de me présenter à la gare routière pour réserver une place dans un bus « Alsa » reliant directement Santiago à Genève en à peu près 26 heures. J’ai pu réserver une place pour le surlendemain Jeudi 24 mai départ 10 heures, ce qui me ferait arriver à Genève le Vendredi 25 mai vers midi. Christiane viendra me chercher à la gare routière.

            Le bus ne prenant pas les vélos, je le laisserai à la gare de départ et après paiement en espèce de 90 € il sera livré chez moi à Thonon dans les 10 jours. Les tarifs sont fixés non en fonction de la distance mais des pays de destination. Vous payerez plus cher pour Genève (120€) que pour Lille (90€)

 camino-frances-578-copie-1.jpg

Yvette et Jean-Claude :

             Ces formalités accomplies et l’esprit tranquille, je repars « zoner » en ville et fais la connaissance de Jean Claude et Yvette, deux cyclo-route français qui viennent d’arriver et que je guide à la la Oficina del Peregrino ou je les attends à l’extérieur pendant qu’ils obtiennent leur « compostella » Ils m’offrent un café pour me remercier et me disent qu’ils ont l’intention de rentrer par la route. Ils se reposeront une semaine à Santiago car Yvette a attrapé une tendinite dues aux vibrations du guidon (les pavés de Santiago n’ont fait qu’aggraver son problème) Après la photo devant la cathédrale nous allons manger une spécialité « portion congrue » de fruits de mer insipides et fort chers qui nous font regretter le menu « peregrino » à base de pâtes bien plus calorique et  économique.

 

La poste de Santiago :

               Je viens d’acheter une quinzaine de cartes postales dans une petite boutique de souvenirs très nombreuses dans le centre et je demande à la vendeuse ou se trouve la poste. Devant mon air abruti (celui qui incite à être très explicite) elle m’invite à la suivre en abandonnant son commerce. Nous faisons 50m et elle me montre l’établissement visible dans une rue parallèle. J’entre et suis accueilli par un unique et improbable employé sorte de policier assis derrière son bureau.

                Dubitatif, je dis quand même « selios por favor » Il se lève en m’invitant à le suivre au bout d’un long couloir, je vois alors outre le  pistolet à sa ceinture une vaste salle entourée de 6 ou 7 guichets « normaux » qui me montrent que je ne suis pas dans un commissariat. Le policier prend pour moi un ticket d’attente, me le tend en me montrant le grand panneau lumineux sur lequel vient de s’allumer mon numéro. Moi qui craignais devoir attendre longtemps… J’ai compté : 6 guichetiers pour 4 clients …Alors qu’en France on a souvent un employé pour 6 ou 7 clients….sans commentaire.

   camino-frances-593.jpg

La messe de midi :

             C’est l’occasion de voir le fameux « botafumeiro » gigantesque encensoir, détenteur de tous les records de poids (54kg) et longueur d’oscillations (65 mètres)

              En entrant, je pense à assister à une messe spectacle, sans plus. Mon attente n’est pas déçue : La messe est dite par 8 prêtres (qu’est-ce que ça doit-être les dimanches !) Le botafumeiro vole au dessus des centaines de pèlerins qui filment ou se contentent de regarder. D’immenses anges aux courbes féminines et aux cuisses nues ornent les voûtes.

               Par contre il y a une réelle émotion lorsque s’élève la magnifique voix d’une sœur qui arrive à subjuguer les fidèles jusque là surtout spectateurs. Ce petit bout de femme toute noire parvient avec des cantiques à faire reprendre toute l’assistance et à créer un lien entre tous ces gens qui  s’embrassent sans se connaître. A ce moment, je m’entends appeler par mon prénom : c’est Alex et Via qui sont installées juste derrière moi, quelle heureuse surprise !!

                Moi qui d’habitude m’ennuie ferme pendant les offices, je dois reconnaître que dans cette église quelque chose se passe, comme une immense communion entre tous ces gens jeunes et vieux qui ont tous plus ou moins souffert pour venir jusqu’ici. Séquence émotion. Je voudrais alors avoir près de moi tous les gens que j’aime pour les embrasser et je suis un moment  avec eux par la pensée.

  velos-d-Alex-et-Via.jpg

Vélos à vendre :

         Alex et Via ont décidé de rentrer sans leurs vélo : le prix du transport est supérieur à celui des vélos. Elles les ont donc exposés dans la cour de l’Oficina del Peregrino .avec un panneau « Se vende  For sale ». Les ont-elles vendus ? Sans doute une bouchée de pain..

  camino-frances-594.jpg

Les indignés :

              Etrange marché bigarré sur la place de la cathédrale. Les tentes ne laissent guère de doute, c’est du Quechua donc des SDF ou des indignés ou les deux. Des forums sont organisés en tables rondes mais sans tables. Sur des cartons sont inscrits les besoins alimentaires de cette cour des miracles. Une affiche prône la méthode Montessori, les pèlerins et les touristes évoluent parmi les « stands » de carton. La police reste discrète, tout est calme. St Jacques regarde tout cela indifférent du haut des tours de la cathédrale. On voit mal la révolution partir de cette place.

  Retour-en-Bus-Alsa.jpg

Le voyage en autocar :

              J’avais raison d’appréhender cet interminable voyage de ce direct Santiago-Genève, Direct signifie qu’il s’arrête à des correspondances comme à Léon, Burgos, Lyon ou Annecy pour laisser ou prendre des passagers. Il s’arrête aussi heureusement pour manger dans un restaurant ou sur des aires d’autoroute ou les chauffeurs ont leurs entrées. Ces 7 ou 8 arrêts permettent de se dégourdir les jambes et à certains de prendre une correspondance. Tout cela paraît être improvisé mais relève en fait d’une excellente organisation.

 

               Sur le coup des 22h, après avoir mis mes bouchons d’oreille et incliné le siège je pense pouvoir dormir. Grossière erreur !! : Les écrans vidéos descendent du plafond et un western aussi bruyant que  meurtrier voue à l’échec toute tentative d’endormissement réparateur avant la fin du massacre.

 

                Les Espagnols sont comme nous, ils ont chacun leur mobile et aucune affichette n’interdisant leur utilisation ils s’en servent, et comment ! La différence c’est qu’ils semblent ignorer le vibreur mais pas les sonneries téléchargeables style fanfare de corrida sans compter que pour couvrir le bruit du car et des autres conversations, il faut bien sûr hausser la voix pour être sûr que tous les voyageurs vous entendent.

 

               En quittant la gare routière de Lyon, dans une courbe : grand « CRAC » Le car vient de défoncer une barrière en train de se lever. Peu de dégâts à part le pare brise fendu en haut à gauche. Le chauffeur qui devait rouler un peu vite et dont le poste de conduite est au ras du sol n’a pas vu que la barrière n’était pas complètement levée et l’a accrochée avec le coin supérieur gauche du car. Je crains un instant que le rétroviseur ne soit hors d’usage ce qui nous obligerait à changer de véhicule …

               Bilan de l’incident :1 heure de retard. Je téléphone à ma Marraine qui doit venir me chercher à Genève de ne pas se presser.

 

             Entrée à Genève : Enormes travaux de voierie dans toute la ville. La circulation qui n’est déjà pas très fluide normalement est bloquée. Je rappelle Christiane pour lui annoncer un retard supplémentaire d’au moins une heure.

 

Miguel :

               Le car est bloqué dans les travaux de voirie. Tout à coup une passagère s’écrie « Miguel !! » et explique avec force gestes que Miguel est là au fond d’une tranchée à poser des conduites. Au moins 4  personnes se précipitent à la fenêtre qu’il est impossible d’ouvrir et contre laquelle elles frappent du plat de la main. Miguel n’entend rien et continue son travail sans lever la tête. Le feu passe au vert… En voilà quatre qui auront quelque chose à raconter à Miguel ce soir !!

 

Ventrebleu !! 

              Ma brave Christiane qui à horreur d’être en retard est depuis un moment à m’attendre à la gare routière qui n’offre aucune place de parking. Conclusion : elle en est à sa 23eme rotation autour de la gare et elle a du mal à masquer l’énervement qui la gagne.

 

Retrouvailles :

             Bises, et tout de suite j’ai droit à un récit circonstancié de ses contretemps et déviations urbaine et extra-urbaines provoquées par les travaux qu’elle a dû aussi affronter. Je comprends parfaitement son ras le bol et regrette  de n’avoir pu ramener mon vélo dans le car ce qui aurait évité tout ce « ch’ni » comme on dit dans la Yaute.

 

Merci encore Cricri d’être venu chercher ton « filleul »  A charge de revanche !!

  

 

 

 

 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 16:15

ETAPE N° 17  DATE Lun 23 mai 2011 TRAJET : PALAS DE REI >  ARZUA >

O PEDROUZO > SANTIAGO

DST :

75 km

MOY :

12,1

ASC :

1085m

 

DSC :

1390 m

LAP :

4

Temps sur la selle :

6h09

Temps total : 

7h52

Altitude

Arrivée

 260 m

Heure départ :

7h10

Heure arrivée :

15h

Météo : Beau temps

 

 

             Je savais en bouclant mes sacoches que cette étape serait la plus longue. Par contre n’ayant aucune indication sur le dénivelé, je l’avais largement sous-estimé (450m au lieu de 1085m, ce qui la place en seconde position après celle de Roncevaux).

             J’avais pour  moi un chemin en bon état, une excellente forme, un vent favorable, du beau temps et le fait d’atteindre enfin LE BUT et de voir la ville pour laquelle j’aurai pédalé pendant 970 km (auxquels on peut ajouter les 1400 km de l’an passé)

              Une petite prière à St Pirelli, St Shimano et St Jacques dont la coquille se balance toujours au bout du guidon, mise à zéro du compteur journalier et de l’altimètre et c’est parti.

entre-Melide-et-Santiage--1-.jpg

              Au gré des haltes, je dépasse et suis dépassé par Alex et Via. Nous échangeons alors quelques sourires, encouragements et appréciations sur les difficultés des raidars qui pimentent le camino.

              La chaleur augmentant, le chapeau a remplacé le casque bien fixé au porte-bagages. Mes amies aussi se mettent à l’aise ce qui ajoute un attrait supplémentaire au décor. Même les eucalyptus semblent avoir trop chaud et se sont délestés de grandes lambeaux d’écorce qui jonchent le sol et craquent sous les roues.

 entre-Melide-et-Santiage--2-.jpg

               S’il n’y avait pas la poussière soulevée par les pneus, tout serait parfait, surtout pour les marcheurs !! Dans une descente un peu rapide au goût d’un pèlerin, je me fais copieusement engueuler en espagnol, mais je suis déjà loin quand il finit ses invectives. Dorénavant, je doublerai plus lentement les marcheurs, surtout dans les passages scabreux.

entre-Melide-et-Santiage--5-.jpg

               Les bornes à coquille marquent  maintenant chaque kilomètre et malgré le relief en montagne russe semblent raccourcir le chemin restant.

 

                De nombreux horreos en bois ou en pierre, couverts ou non de plantes grimpantes montent la garde dans la cour de fermes parfois abandonnées.

                Un paysan grincheux accompagnant ses vaches sur le chemin explique en vain aux pèlerins qu’il croise que le chemin est « privé » alors que les flèches jaunes montrent bien qu’il s’agit du camino. Un farceur les aurait-il rajoutées pour créer une déviation afin d’em….. le grincheux ?

entre-Melide-et-Santiage--6--copie-1.jpg

                Encore quelques raidars sévères dans la poussière et parmi les eucalyptus : la « maitresse borne » marquée ou plutôt sculptée SANTIAGO se dresse au sommet de l’ultime descente vers la ville. Presque tous les pèlerins s’y photographient mutuellement : je ne déroge pas à la tradition…

               Afin de ne pas déranger les marcheurs et arriver plus vite je finis par la route pour retrouver en ville le chemin qui maintenant est devenu trottoir amenant sur les deux ou trois derniers  kilomètres, les pèlerins à la cathédrale.

               Dans la Rua San Pedro, le trottoir trop étroit oblige à emprunter d’horribles pavés qui donnent l’impression de conduire un marteau piqueur malgré la suspension avant et les pneus larges. Je plains les cyclos-route ….

residence-San-Lazaro.jpg

        camino-frances-596.jpg       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          Le mobile m’a permis de réserver 48 h à l’avance à la résidence de pèlerins San Lazzaro qui se trouve à l’entrée de Santiago et devant laquelle je suis passé sans m’en rendre compte. (sinon j’y aurais laissé  mes 2 grosses sacoches). Près de la cathédrale, je trouve un plan du centre ville mais pas de Rua San Lazzaro. Une grand-mère me voyant chercher me dit ne pas connaître cette rue et me propose une chambre à 30€ dans le centre. Je la remercie trouvant son offre un peu chère par rapport aux 10€ de San Lazzaro.

               Alors que je cherche la Oficina del Peregrino pour obtenir, sur présentation du crédentiale la fameuse attestation munie du sceau de la Sainte Eglise le mobile sonne…

   Christiane, ma « marraine du camino », s’inquiète de savoir ou j’en suis, car elle se tient au courant de ma progression. Elle m’envie car elle garde un très bon souvenir de 

 son arrivée à Santiago.

   Elle m’encourage à aller tout de suite retirer la « compostella » pour ne pas

faire trop de queue. Il n’est que 15h30 et je n’attendrai que 20mn pour entrer

dans un bureau

 « à l’ancienne » ou après avoir rempli le formulaire d’usage, présenté ma

carte d’identité et payé 2€, on me remet un beau texte en latin avec mon prénom

 en latin « Christianum » qui je l’espère, et à condition de ne pas trop em…

mes voisins, me donnera une place à la droite du Père..

                 Grâce à l’aide de quelques habitants, du fait que je commence à m’habituer à l’Espagnol,  de gestes et d’un air abruti de circonstance (tête inclinée, bouche ouverte et regard chassieux), incitant mes interlocuteurs à être pédagogues et explicites, je finis par prendre le bon chemin pour rallier mes pénates.

 

 

                  La résidence de pèlerins San Lazzaro n’a pas été dessinée par Gaudi mais a le grand mérite d’être très utilitaire : un hangar avec tout ce qu’il faut au pèlerin. Les dortoirs sont vastes, les douches et toilettes nombreuses, les « tenderos » bien dimensionnés et une grande cuisine- réfectoire bien équipée. Chaque pèlerin a sa consigne métallique. Le seul problème, qui n’en est pas un pour les cyclistes, elle est à 3,5 km du centre ville.

 

                 Mon lit réservé et marqué par mon chapeau, la douche prise, le linge lavé et étendu, il est 17h et j’ai encore le temps d’aller à vélo visiter Santiago.

Pour avoir la conscience vraiment tranquille, il me faut encore trouver le moyen de rentrer à Thonon autrement qu’à vélo. Mais ça, ce sera pour demain.

 

 

 

 

 

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 21:03

ETAPE N° 16  DATE Dim 22 mai 2011 TRAJET : SARRIA >

PORTOMARIN > PALAS DE REI

DST :

43,5 km

MOY :

Non connue

ASC :

955m

 

DSC :

870 m

LAP :

4

Temps sur la selle :

Non connu

Temps total : 

6h24

Altitude

Arrivée

 565 m

Heure départ :

7h15

Heure arrivée :

13h50

Météo : Couvert sans pluie éclaircies

 à partir de 11h

 

 

          D’après le petit fascicule Michelin qui ne quitte pas mon porte carte l’étape sera vallonnée et le dénivelé positif cumulé conséquent. Il va falloir gérer son effort car la dernière étape sera longue. Le moral est bon d’autant qu’aujourd’hui je ne devrais faire que 40 à 45 km.

           Le temps est couvert sans pouvoir dire si ça va rester comme ça ou tourner à l’orage.

 Entre-Sarria-et-Portomarin--3-.jpg

            De Sarria à Potomarin le chemin est très varié et emprunte quelques kilomètres de goudron. J’en retiens surtout une partie empierré dans le lit d’un ruisseau ou il faut pousser sur des pavés déchaussés en essayant de faire rouler le vélo sur de longs blocs taillés qui forment au centre un étroit passage. Heureusement ça ne dure que 200 m. !! et, par contraste, ça permet de mieux apprécier la suite.

 Entre-Sarria-et-Portomarin--5-.jpg

            L’arrivée à Portomarin est royale : On traverse un long pont moderne qui enjambe la retenue sur le Rio Mino et on arrive sur un escalier monumental conduisant à la ville nouvelle. Il convient de préciser que l’ancienne cité se trouve sous les eaux du lac artificiel enjambé par le nouveau pont. L’église a été démontée et reconstruite à son emplacement actuel.

 

             C’est en traversant ce pont que je vois, en train de prendre des photos, 2 jeunes femmes à vélo. Nous sous saluons de loin et je suis sur le point de continuer ma route quand j’entends crier le mot « Savoie » (l’écusson sur la bavette arrière).  Tout content de pouvoir parler avec :

a)      : des françaises

b)       :des cyclistes

c)       :des jeunes femmes charmantes

                 J’ai donc trois bonnes raisons de les rejoindre pour en savoir un peu plus sur celles qui ont probablement autant envie que moi de faire connaissance.

J’apprends alors leurs prénoms : Via et Alex qui habite Evian à 8 km de Thonon. Nous nous faisons photographier devant le grand escalier.

Portomarin-Alex-et-Via--1-.jpg

                  Cet agréable intermède m’a permis de rompre un moment ma solitude mais je ne peux me joindre à leur couple sans faire figure d’intrus. Nous aurons certainement l’occasion de nous revoir plus loin. D’ailleurs, rouler à plusieurs à vélo ne permet pas de parler  facilement comme à pied : En effet, il faut être plus attentif et se mettre souvent en ligne pour dépasser les piétons sur un camino de plus en plus fréquenté.

 

                    Les 22km entre Portomarin et Palas de Rei me laissent le souvenir  de nombreuses « bosses » assez usantes suivies de descentes dans des fonds de vallon tout cela dans une chaleur lourde.

 

                   Au sommet d’un de ces « raidars », il me semble apercevoir une grosse armoire frigo « coca-cola ». Je rêve, ça doit être un mirage provoqué par une hyper-sécrétion d’endorphines ou un début de déshydratation. Elle se détache noire et rouge sur un mur blanc très graphique. Je n’ose pas la croire opérationnelle…Plus que 30 mètres,….20,…..10,…., et je comprends qu’elle est installée au bout de la  terrasse d’un bistrot qui m’était caché par les ronces bordant le chemin.

                   Une table avec parasol est libre, je m’affale dans un fauteuil et le « pschitt !! » de l’ouverture de la boite bien fraîche me fait entrevoir un paradis de lagons et de cocotiers. La première gorgée est inénarrable…              

                    A travers mes paupières mi-closes, je vois venir vers moi, souriantes, Alex et Via aussi réelles que l’armoire coca cola et aussi assoiffées que moi. Pour les remercier d’être venues, anges du camino, parfaire mon extase, je leur offre une petite collation.

 

                     Elles m’expliquent alors qu’elles ont commencé leur camino à pied et que trouvant ce mode de déplacement lent, et douloureux, elles firent l’acquisition d’un vélo pas cher dans un trocathlon. Elles comprirent assez vite que cette unique monture surchargée ne les mènerait certainement pas à Santiago et elles achetèrent un second vélo à un marchand peu scrupuleux qui se débarrassa ainsi d’un vieux clou usé ; Après avoir dû faire changer une roue libre et réparer un pneu déchiré avec un morceau de pneu placé sous la déchirure, elles arrivèrent sous la protection de Saint Jacques et de Saint Pirelli jusqu’à la terrasse ou nous sommes en ce moment.

 

                    Pour les mêmes raisons que lors de notre première rencontre nous nous disons « au revoir » car, jamais deux sans trois,  nous pensons bien nous revoir plus loin.

 Entre-Portomarin-et-Palas-de-Rei-Horreos.jpg

                     Peu avant Palas de Rei une construction que je prends d’abord pour une chapelle de cimetière, s’avère être un silo à grains un « horreos » perché sur un grand socle et protégé des rongeurs par une base débordante.

 

                    A l’albergue de Palas de Rei,  je devrai débourser 10 € pour un lit d’étage au confort « moyen »

 

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 21:23

ETAPE N° 15  DATE Sam 21 mai 2011 TRAJET : VEGA DE VALCARCE >

O’CEBREIRO > TRIACASTELA > SARRIA

DST :

60 km

MOY :

Non connue

ASC :

1125m

 

DSC :

1295 m

LAP :

3

Temps sur la selle :

Non connu

Temps total : 

7h30

Altitude

Arrivée

 440 m

Heure départ :

7h

Heure arrivée :

14h30

Météo : Beau temps développement

 de cumulus en cours d’après-midi

 

 

           Peu après le départ, je salue mes français d’hier soir . A Las Herreirias au vu du nombre de marcheurs sur le sentier très raide, je décide de garder la route comme m’y invite une borne. En effet sur 13 km il va falloir s’élever de 650 m ce qui annonce du « tout à gauche » sur une bonne partie de la montée. Dans ce fond de vallon il fait encore sombre et froid et il me tarde de retrouver le soleil qui éclaire les hauteurs.

       Montee-au-Cebreiro--2-.jpg La route est bordée de belvédères qui offrent une vue dégagée sur une mer de nuage recouvrant la plaine ; cela me rappelle celle qui couvre le Léman en hiver sauf qu’ici, nous sommes en mai…

        Pedrafita do Cebreiro : je suis à 1100m et O Cebreiro n’est plus qu’à 4 km et 230 m plus haut. Après un grand café con leche qui m’aide à me réchauffer, je quitte la nationale pour la petite route touristique d’ O Cebreiro. Ce village typique et un peu trop restauré marque l’entrée en Galice. Je passe  sans m’arrêter devant le marchand de souvenirs et après avoir obtenu le « selio » vais me recueillir quelques minutes dans la petite église ou un rai de lumière éclaire un très beau Christ de bois.

Cebreiro--4-.jpg

      Entre-Cebreiro-et-Triacastela--1-.jpg  L’Alto San Roque et l’Alto do Poio sont franchis sur goudron car le chemin oblige à trop redescendre pour remonter ensuite et je n’ai pas envie de pousser le vélo au milieu des marcheurs. Je photographie le pèlerin de bronze penché contre le vent et tenant son chapeau d’une main. Il ne doit pas faire bon de marcher contre le vent et je m’estime une fois de plus heureux d’avoir un vent favorable.

        Après c’est une descente magique sur beau chemin avec vue dégagée et traversée de beaux villages obligeant à ralentir. C’est grisant d’avoir des bottes de sept lieues mais la vitesse qui m’oblige à regarder ou passe la roue avant me fait louper pas mal de belles choses à admirer ou à prendre en photo ; bien fait pour moi j’avais qu’à le faire à pied ce camino!

        Triacastella n’offre rien d’intéressant et je file car j’ai prévu de m’arrêter à Samos pour voir le monastère San Xulian. Il y a du château fort dans ce bâtiment, les balustrades de pont en fer forgé ont d’énormes coquilles St Jacques. Pour savoir si vous êtes sur le bon chemin demandez-vous si votre dernière coquille remonte à plus de 5 minutes, si oui, revenez sur vos pas .

Monastere-de-Samos--2-.jpg

        Ce monastère est bien sûr un monument historique, aussi quelle n’est pas ma surprise de voir adossées à la muraille, et à 10 mètres de l’entrée des visiteurs, 2 pompes à essence d’ailleurs très fréquentées à cette heure ….Bon, c’est vrai qu’il y a plus de monuments historiques que de pompes à essence et puis les stations services ne sont rien d’autre que de modernes écuries qui dans leur version moyen-âgeuse n’auraient pas choqué en ce lieu. Je m’attends presque à voir un chevalier-pompiste play-mobil faire le plein des voitures, tant qu’à faire dans l’anachronisme. Mieux que nous, les Espagnols ont su garder leur âme d’enfant….Vive l’Espagne !

Sarria.jpg

        Sarria, enfin ! Je viens de faire 3 étapes de piétons et j’en ai marre, c’est normal l’altimètre m’indique 1125m de dénivelé positif. Je ne trouve pas tout de suite une Albergue et celle qui m’accueille a bien compris qu’à 110 km de Santiago, les pèlerins étant bien plus nombreux, il fallait que s’applique la « sacro-sainte » loi de l’offre et de la demande, l’adjectif me paraissant tout à fait convenir puisqu’il s’agit de marcher pour son salut.

        Ca n’est donc plus 5€ qu’on me demande mais 10€ plus 1€ pour mon cheval qui ne saurait encombrer la rue ! Bien entendu ce prix ne comprend que la nuitée .

        Ce doublement subit du prix de pension à 100 km de Santiago s’explique par le fait que  pour obtenir la « compostella » (le diplôme de pèlerin), toujours bien vu dans les curriculum vitae Espagnols, il est nécessaire d’avoir marché au minimum les 100 derniers Km !! (200 pour les vélo) d’ou la subite augmentation du nombre de marcheurs donc de l’hébergement et de la  restauration. Finalement, les voies du Seigneur sont pénétrables à qui sait compter …

Sarria--4-.jpg

         J’ai décidé de ne pas donner d’argent aux marchands du temple que sont les restaurateurs, et m’apprête à utiliser la cuisine de l’auberge (que je pensais prévue pour, mais qui ne doit pas l’être) quand la jeune femme de l’accueil, sans doute effrayée par les taches que je pourrais faire en préparant mon repas, m’apporte les restes  d’autres clients ma foi, fort bons, abondants et de plus gratuits ! Je me retrouve à ce moment précis dans la peau de l’authentique pèlerin du moyen âge vivant de charité. J’en suis conscient et fort ému en remerciant cette aimable personne.

       

 

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 08:12

ETAPE N° 14  DATE Ven 20 mai 2011 TRAJET :MOLINASECA >

PONFERRADA > VILLAFRANCA DEL BIERZO > VEGA DE VALCARCE

DST :

50 km

MOY :

13,6

ASC :

515m

 

DSC :

445 m

LAP :

2

Temps sur la selle :

3h42

Temps total : 

5h

Altitude

Arrivée

 630 m

Heure départ :

7h30

Heure arrivée :

12h30

Météo : Beau temps développement

 de cumulus en cours d’après-midi

 

  Ponferrada-chateau-des-templiers--2-.jpg

           Comme on dit au tour de France : « Etape de transition » entre la 3eme et la 4eme grosse difficulté du camino : le Cebreiro qui sera pour demain. Depuis hier, c’en est fini de la Mesetta, le paysage est à nouveau vert et montagneux.

        Comme tous les jours, le vélo a reçu ses soins : décrassage des pignons et une bonne dose d’huile de vaseline sur la chaine, les plateaux et les dérailleurs.

        Le bonhomme est au top de sa forme, la panse bien remplie, « même pas mal » et capable de grimper aux arbres « tout à gauche » sur le 22/34.

        Lorsqu’on sait ne pouvoir compter que sur soi, le physique suit immanquablement. Pour le moral je vous conseille le mobile, la musique et les contacts humains francophones. Il va de soi qu’une bonne météo aide bien.

            A 8 h. c’est déjà Ponferrada avec ses 70 000 hab. Ce nom signifie « pont de fer »En 1082, l’évêque d’Astorga fit jeter, sur le Sil, le Pons ferratus, Dans cette région de mines, on avait largement employé le fer pour cet ouvrage. À une époque où tous les ponts étaient de pierre ou de bois, cette richesse soulevait l’admiration. Cet endroit stratégique au confluent de 2 rivières fut l’enjeu de combats entre chrétiens et musulmans.

                     Ponferrada--5--copie-1.jpg Retour à 2011 : Sur la place de l’hôtel de ville j’assiste au réveil de mes premiers « indignés » qui sont encore dans leurs duvets isolés du sol par des cartons et des affiches. J’en verrai d’autres, beaucoup plus nombreux devant la cathédrale de Santiago.

            Entre Ponferrada et Cacabelos, le chemin est facile et recoupe souvent la route. Peu à peu les bâtiments industriels sont remplacés par les cultures maraichères.  Je remarque à côté d’un clocher un poteau en béton qui ne supporte pas de ligne électrique mais une plate-forme ad-hoc sur laquelle une cigogne a construit un vaste nid. Les espagnols aiment leurs cigognes au point qu’ils les empêchent de nicher sur les isolateurs des lignes haute-tension en protégeant ces isolateurs par des disques métalliques glissants.

            Cacabelos--6-.jpgQuelques kilomètres avant Cacabelos un grand panneau publicitaire annonce un hôtel « pergrinos » 3 étoiles nettement plus cher que les « Albergues municipal » : Il faut bien que les riches puissent aussi faire le camino sans changer leurs habitudes et avec un garage pour la BMW ou la Mercedes. Je ne les envie pas car, en voyageant ainsi, ils passent totalement à côté de « l’esprit du chemin »

           Villafranca-del-Bierzo-Eglise-San-Nicolas--3-.jpg Villafranca del Bierzo ne compte que 3500 habitants mais possède une église, un château et un couvent avec une magnifique façade. Je croise et retrouve à plusieurs reprises une jeune cycliste italienne que je prends en photo avec son appareil, agréable mais brève compagnie pour moi.

           Entre-Villafranca-et-Vega-de-Valcarce--6-.jpg Les 18 km qui restent avant l’arrivée à Vega de Valcarce se font au fond de la vallée du Rio Valcarce. Le camino y est séparé de la route par un muret, ce qui rassure car la route est sinueuse et fréquentée. On passe et repasse à plusieurs reprises sous l’autoroute supportée par d’énormes piliers de béton. Ce secteur n’est pas très agréable car, le chemin étant monotrace et assez chargé la sonnette est souvent utilisée ce qui en dérange quelques uns.

           Entre-Villafranca-et-Vega-de-Valcarce--7-.jpg A La Portella se trouve une magnifique autant que récente statue de pèlerin devant laquelle presque tous les pèlerins se font prendre en photo. Sur son socle une information capitale : A droite, Roncesvalles 559km ; à gauche, Santiago 190 km .Ca y est, on est passé au-dessous de la barre des 200km. Désormais le kilométrage restant sera de plus en plus souvent indiqué par des bornes « coquillées »

 

             Vega de Valcarce sera vite visité à pied après installation au gîte communal qui s’étage sur plusieurs niveaux à flanc de montagne. L’autoroute surplombe le gîte mais s’entend très peu, espérons que les glissières de sécurité sont solides et que des crétins ne jetteront rien par-dessus !

           Vega-de-valcarce--3-.jpg La patronne semble avoir trouvé le moyen d’économiser l’eau chaude dans les douches. Il n’y a qu’un seul gros robinet chromé au centre du panneau, je le tourne croyant avoir de l’eau à la température idéale, que nenni, même après une minute. Je me décide alors à prendre une douche froide quand j’aperçois près du plafond, un minuscule robinet vert que j’actionne : Bingo, c’était le bon. En sortant j’explique le truc en anglais à ma successeuse quand la patronne se précipite pour lui fournir l’information alors qu’une affichette aurait suffit…

            Je passe la soirée avec  un groupe de français à pied mais qui ont aussi pas mal roulé à vélo. Ils m’apprennent l’affaire Strauss Kahn et les spéculations vont bon train. La télé montre Martine Aubry dont je saisis quelques propos couverts par la traduction espagnole. Je donne mon mail à Pierre qui me donnera celle de son blog et m’enverra la photo du groupe.

 

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 08:24

ETAPE N° 13  DATE Jeu 19 mai 2011 TRAJET : ASTORGA  >

 RABANAL  DEL  CAMINO > CRUZ  DE  FERRO > MOLINASECA

DST :

49 km

MOY :

13,7

ASC :

730m

 

DSC :

1020 m

LAP :

2

Temps sur la selle :

3h34

Temps total : 

5h10

Altitude

Arrivée

 590 m

Heure départ :

7h30

Heure arrivée :

13h

Météo : Un peu couvert mais beau

 

 

 

          Royal petit- déjeuner à Astorga ou pour 2€ on vous sert un sandwich un jus de pêche et du café con leche (au  lait). Deux cyclistes espagnols « en habit » (c'est-à-dire avec tout le déguisement les faisant ressembler à des coureurs du tour) ne répondent pas à mon « buenos dias ». Il est vrai que je ne suis pas bigarré comme un support publicitaire.

 

          L’étape s’annonce assez dure, pas que pour moi, mais aussi pour les patins de freins qui vont chauffer. Le ciel est un peu couvert et la météo annonce des orages qui, je l’espère, n’éclateront que dans la soirée.

Astorga

           L’éclairage du matin me permet de photographier la façade de grès rose de la cathédrale Santa María. Un pèlerin muni d’un guide m’apprend alors qu’une statue de "Pedro Mato", un héros local, domine le sommet de la cathédrale. A l'aide de jumelles on peut voir qu'il lui manque un doigt, ce qui a donné lieu à des histoires populaires : un soldat napoléonien l'ayant prise pour un rebelle lui aurait tiré dessus. Le doigt serait tombé et aurait tué un ou deux soldats français...

 

           Jusqu’à Rabanal del Camino le chemin monte régulièrement et parallèlement à la route peu fréquentée. Le village d’El Ganso qui se traverse sur un camino somptueusement pavé semble entièrement voué au tourisme- pèlerinage : De part et d’autre de la rue, d’énormes panneaux proposent repas et hébergement à des pèlerins considérés comme des « estomacs sur pattes » pourvus de cartes visa. J’imagine qu’un pèlerin du moyen-âge vivant de la charité publique n’y serait pas le bienvenu ….

 El-Ganso--2-.jpg

           Quelques pèlerins retardataires sont encore attablés dans la rue. J’ai déjà fait 200m de dénivelé, il m’en reste encore 500 pour la cruz de ferro . Après je basculerai sur le versant méditerranéen.

 

            La montée est rude et l’altimètre et le variomètre m’aident à doser mon effort.

 

            Foncebadon (1440m) plus que 1,3 km et 64 m de dénivelé avant la fameuse croix qui aurait été érigée dans le but de mieux signaler le chemin en cas de neige. M’y voici enfin et avec deux cyclo espagnols nous prenons la pause. L’un deux a même hissé son cheval sur le tas de cailloux.  La coutume veut que le pèlerin dépose symboliquement une pierre (apportée de chez lui) au pied de la croix ... pour se délester de ses péchés et obtenir la protection divine pour la suite du voyage. Je ne m’étais pas renseigné sur les coutumes du chemin et n’ai donc pas de caillou haut-savoyard à déposer. De toute façon, pour moi, ce « délestage » ne serait que folklorique, je n’ai donc rien à regretter.

 Col-de-Cruz-de-ferro--1-.jpg

            Une courte descente conduit au hameau de Manjarin . Là un marchand de souvenir avec « selio » attire les pèlerins avec une forêt de drapeaux de toutes nationalités et un grand portrait de Jésus plus vrai que nature. Je m’arrête pour tamponner le crédentiale et attaquer la montée vers le point culminant du camino francès : le collado de las antenas à 1515m . On se trouve alors au milieu des bruyères et de genêts en fleur et la vue porte jusqu’à la plaine de Ponferrada à 20 km.

 

              Les 14 Km de descente vers Molinaseca sont un pur bonheur et se font au choix sur sentier assez technique ou sur route. Cette descente ininterrompue de 1000 m traverse les villages d’Acebo et de Riego de Ambros offrant superettes et hébergements aux pèlerins et touristes.

 

             Je m’arrête autant pour admirer le paysage que pour laisser refroidir les jantes …Un sourire de compassion et un petit salut aux 2 cyclistes qui se tapent la rude montée avec des vélos bien chargés !!! Possible qu’ils fassent le camino à l’envers …Le troisième est en train de réparer une crevaison.. Tiens, ça me rappelle quelque chose ….: Je m’arrête à sa hauteur et il refuse mon aide sans me remercier, faut croire qu’il a tout le nécessaire sauf le savoir vivre!

Manjarin--5-.jpg

               A 13 h j’entre dans Molinaseca et trouve un hébergement spacieux et confortable pour 15 € la demi-pension. Le repas est pris avec une tablée d’une dizaine de compatriotes, décidément ça fait plaisir de causer un peu, je me serais jamais cru aussi bavard ! Mon compagnon de table a des faux airs de Serge Gainsbourg mais en plus vieux. Il a beaucoup bourlingué dans sa vie active.. Comme son sosie, il picole pas mal…

              Le village est agréable à visiter avec une belle statue en pierre de pèlerin (il n’est pas encore arrivé celui-là !!)

                A la sortie de Molinaseca, une masse informe et grisâtre exposée sur un socle excite ma curiosité.  Je m’approche en essayant de deviner quelle célébrité ou quelle invention est ici représentée. Cela ressemble à une sorte de jambonneau ou de gros saucisson à en juger aux boursoufflures provoquées par la corde ? ou la ficelle ? qui  strangule l’abdomen difforme de cette espèce de Sergent Garcia sans bras ni jambe. Ca y est, j’y suis : Ne serait-ce pas un Sarrazin qui aurait été attaché, démembré puis pendu (comme en témoigne le bout de corde encore accroché à son cou), puis enfin décapité. Cette hypothèse barbare me semble correspondre à la violence des corridas et au sadisme inspirant maintes représentations religieuses.

Molinaseca--13-.jpg

La plaque sur le socle me rassure : « Homaje à Jose Arias franganillo, pionero de la industria carnica etc… »Non les Espagnols ne sont pas des fanatiques religieux puisque cette « sculpture » représente bien un jambonneau, fleuron de l’industrie charcutière du lieu. Les Charcutiers ont remplacé les Conquistadores ; vive la Nouvelle Espagne du vin rouge et du saucisson !!

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 13:06

ETAPE N° 12  DATE Mer 18 mai 2011 TRAJET : RELIEGOS >  LEON >

VILLANDANGOS DEL PARAMO > ASTORGA

DST :

77 km

MOY :

14,5

ASC :

495m

 

DSC :

430 m

LAP :

3

Temps sur la selle :

5h11

Temps total : 

8h50

Altitude

Arrivée

 868 m

Heure départ :

7h

Heure arrivée :

15h30

Météo : à demi couvert orageux mais

 sans pluie. Vent favorable de Nord-Est.

Orages le soir

 

 

 

                entre-Reliegos-et-Leon.jpg Le compteur m’indique 575 km depuis Bayonne ; il m’en reste 377. J’ai pris de l’avance sur mon programme et Léon sera seulement une longue visite, l’étape étant Astorga 50 Km plus loin. Je dois donc rouler et le mieux est de prendre la route.

                 Après avoir dit adieu à Florent dépassé peu après le départ, je constate que presque tous les clochers sont dorénavant pourvus d’un ou deux nids de cigogne. Dans leur habit de cérémonie, elles font leur petite messe à elles, s’agenouillent, se tournent, se relèvent, s’inclinent à nouveau et craquètent, sans doute en latin !!

 

                 Devant l’église ouverte d’un village, une belle voix de femme chantant « a capella » m’incite à m’arrêter pour écouter en auditeur clandestin recueilli et admiratif cette belle voix cristalline magnifiée par l’écho des voûtes.

 

                  J’ai maintenant repris le chemin très roulant et bien empierré. Un peu épaisse parfois la couche de gravier, et la roue arrière dévie à gauche ou à droite. Il suffit alors d’un coup de guidon pour rectifier la trajectoire ce qui oblige à être attentif. Avec un peu d’imagination c’est le Paris-Dakar !!

                 Tout à coup , dominant le crissement du gravier, des éclats de voix en français ! : STO..O..P !! Une dizaine de pèlerins arrêtés sur une aire de pique-nique est en train de se restaurer. Je suis bien accueilli par ce groupe qui ne manque pas d’admirer ma performance !!! De si loin !! Seul !! Et sur un vélo !!! Vous êtes courageux, vous alors !! Je réponds, faussement modeste que c’est loin d’être un exploit, mais vu qu’ils ne font que 10 à 15 km par jour en dormant dans des hôtels et en se faisant porter leurs bagages, je comprends mieux leur étonnement.

                 Le « héros » est, à l’unanimité, invité à partager leur casse-croûte de 10 heures (quand y’en a pour 9 y’en a pour 10) d’autant que j’ai un peu  « dramatisé » en décrivant mes difficultés : pluie, boue, froid, mal au c.. et crevaisons … Bref je mange et bois au frais de mes compatriotes et après les avoir remercié me voilà reparti … pour m’arrêter 20 mètres plus loin : 3eme crevaison !! Je comprends mieux les embardées de la roue arrière…

                 Retour à la case départ. Tout le monde veut me tenir le vélo ce qui ne facilite pas vraiment les choses. Je n’ose pas leur dire que j’aurais plus vite réparé s’ils se contentaient de regarder. Un quart d’heure plus tard, me voilà reparti après avoir ôté l’épine, cause du problème et en espérant que la chambre « rustinée » à Roncevaux tiendra ; ce qui fut le cas.

 

                 L’Alto del Portillo (880m) domine Léon la capitale de la Rioja avec ses 140 000 habitants. Au loin se profilent les Montès de Léon avec la cruz de Ferro et ses 1515 m d’altitude. Comme je « pète la forme » cela ne m’inquiète pas et ce sera pour demain, après Astorga. A chaque jour suffit sa peine, le camino rend philosophe.

 Leon (10)

                  La perle du centre historique de Léon est bien sûr la cathédrale qui possède un magnifique portail avec un tympan richement décoré. Comme dans de nombreux tympans, le paradis est représenté à la droite du Christ, placé au centre, et l’enfer à sa gauche.

 

                  Si la contemplation du paradis : personnages statiques, figés, les mains jointes est somme toute fort ennuyeuse, celle de l’enfer, par contre, ne manque pas de piquant et on voit que le sculpteur a donné libre cours à une imagination aussi sadique que misogyne. Les femmes  dénudées y ont une place de choix : Elles sont enchaînées façon sado-maso, harponnées, battues, précipitées par des diables poilus, la tête en bas, dans des chaudrons. Si cela nous fait rire aujourd’hui, on peut penser que les pèlerins de jadis devaient regarder cette « BD » de pierre avec effroi, tant les curés devaient leur inculquer, tous les dimanches, la crainte de Satan …

 Leon--16-.jpg

                 Assise devant la cathédrale, une jeune femme ignore l’enfer qui l’attend : A côté d’elle un vélo lourdement chargé et sans dérailleur !! Je n’ose lui demander si elle compte monter la Cruz de Ferro sur son vélo. Peut être a-t-elle pris dès le départ l’option « poussette » en écartant tout problème de dérailleur.

 

                  Astorga est atteinte à 15h. Après m’être installé à l’Albergue municipal et avoir réparé ma chambre, je me mets en quête de l’unique marchand de vélo d’Astorga, que je trouve, fermé, au fond d’une impasse.

                   En fait, il s’agit d’un improbable garagiste qui utilise le domaine public pour exercer son activité, comme en témoignent les 5 ou 6 voitures sur chandelles ou en cours de réparation le capot ouvert stationnées dans la rue.  Astorga--4-Horloge-Maragato.jpg

                  Quelques vélos sont rangés devant cette échoppe et quand je reviens à l’ouverture (17 h.) je me dis que ça sera un miracle si je trouve le pneu 26 pouces à tige flexible qu’il me faut pour pouvoir être rangé plié au fond d’une sacoche. 

                    Le miracle se produit au fond de  ce local obscur plus proche de la crèche que du garage : Là, sur une étagère de bois, noire de crasse et de poussière, mais dans son emballage d’origine « LE PNEU Michelin 26 pouces à tige flexible » que le bonhomme accepte de me céder pour un prix « modique » de 25 €.

                  Je pourrai ainsi continuer ma route plus tranquille… St Michelin est avec moi !!

                  Le soir je vais me promener sur les remparts. Astorga étant située sur un promontoire, la vue est dégagée et l’horizon zébré d’éclairs est barré à l’Ouest par les reliefs qui seront au programme demain.

 

 

 

 

    

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